# # Robots.txt file for http://www.capucine11.com # Generated by www.iseom.com - see website for more SEO tools User-agent: * 71 - Histoire de la tenture - 2ème partie (texte) - Histoires en Pays de Loire
 
La tentative de séduction du pape pour qu’il reste en Avignon en lui offrant le chef d’œuvre que sera la tenture de l’Apocalypse a échoué (voir article 70).
Pourtant, tout le monde s'est appliqué...
C’est Hennequin de Bruges, peintre attitré du roi Charles V,  frère aîné du duc d’Anjou, que l’on charge de la réalisation des dessins. Il peint des miniatures portées ensuite à la grandeur de maquettes qui servent de fond et permettent aux lissiers de s’appuyer dessus pour tisser.
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71 - Histoire de la tenture (2ème partie)
On pense que les lissiers travaillaient sur deux métiers en parallèle puisque la commande était princière (ou papale), donc urgente. Commencée en 1373, elle sera livrée en 1382. C’est rapide si l’on considère qu’un lissier réalise 1m² par mois (un seul aurait mis plus de 70 ans…). Rappelons qu’elle ne faisait pas moins de 850 m² !
Les métiers faisaient 6 m de large  (c’est la hauteur de chaque tenture),  permettant à
4 ouvriers d’y travailler les uns à côté des autres.
 
La tenture de l’Apocalypse quittera l’atelier parisien de Nicolas Bataille, non pas pour le palais des papes en Avignon mais pour le château d’Angers du duc Louis.
Maintenant que cette perspective de présent papal n’a plus lieu d’être, faut-il stopper la fabrication pour autant ?
Non, on continue,  mais dès lors, des fleurs et autres ornementations plus profanes (à partir de la scène 30) peuvent apparaître dans les fonds rouges et bleus des scènes restant à tisser.
 
Pour le pape, il s’agissait de rester sobre et purement biblique mais maintenant on peut se laisser aller aux fantaisies artistiques de l’époque, se laisser aller aux fonds parsemés de « mille fleurs » très prisés au Moyen Age.
La tenture est considérée par toute la dynastie des ducs d’Anjou comme un de ses biens les plus précieux. Mais ses dimensions rendent son usage mal aisé et il n’est pas certain que Louis l’ait vue un jour entièrement déployée. Certaines pièces étaient exposées pour impressionner les convives du château tandis que le reste de l’oeuvre était conservé plié dans des coffres.
Louis 1er la lègue à son fils Louis II qui la déploie dans son intégralité pour orner les murs de
 
l’archevêché d’Arles
 
à l’occasion de son mariage avec Yolande d’Aragon (reine de Sicile).
En 1476, elle est envoyée au château de Baugé, après que, menacé par Louis XI, le roi René eut quitté précipitamment l’Anjou pour n’y plus revenir (il part à Aix-en-Provence).
Puis peu à peu on s’en dégoûte. Au XVIIIe siècle les tapisseries sont passées de mode, l’art médiéval apparaît médiocre aux partisans du classique.
 
L’Apocalypse est jugée démodée et sous prétexte que les tapisseries portent aux voix le plus grand tort on décide de ne plus la tendre.
 
En 1782, les chanoines la mettent en vente… mais qui voudrait d’un « vieux tapis » ? Elle ne trouve pas preneur et est mise au rebut, roulée dans des armoires.
Ce ne serait pas trop grave, au moins elle aurait été protégée, si par la suite on ne s’en était pas servi comme d’un bon vieux tissu de laine bien solide…
 
Pendant la révolution, elle est utilisée dans des serres pour protéger les orangers du froid. Puis, lorsque le culte est de nouveau instauré dans la cathédrale après la révolution,  les tentures servent de cache-misère puis sont dépecées et certains fragments sont livrés aux usages les plus vulgaires : protège-parquet lorsque l’on a repeint les plafonds du palais épiscopal d’Angers, doublures de rideaux, descente de lit, paillasson, guenilles, garniture de bat-flanc dans une écurie ou bien pour couvrir les chevaux, etc.
 
Quand enfin, en 1843,  l’évêque d’Angers achète ce qu’il en reste aux enchères pour 300 F (10000 € actuels), somme considérable pour un rebut mais dérisoire à nos yeux, elle est dans un état lamentable.
 
Elle est remisée à l’évêché où elle sert de guenilles ou à peu près. C’est là que le chanoine Joubert la découvre. Il réussit à la retirer des mains de l’évêque et la restitue à la cathédrale. Il s’y intéresse (s’y passionne même) et entreprend de la reconstituer et de la restaurer. Il  trouve les morceaux manquants dans les endroits les plus inattendus.
De 1848 à 1864, il  reconstitue et numérote toutes les scènes… un vrai puzzle ! Et répare comme il peut.
 
Prosper Mérimée (inspecteur général des monuments historiques depuis 1834) s’intéresse au travail du chanoine Joubert et la tenture est exhibée en 1864 à l’exposition universelle de Paris avant de retrouver sa place dans la cathédrale d’Angers.
 
En 1870, Louis de Farcy poursuit le travail du chanoine  avec, cette fois, l’aide des monuments historiques. Il fait retisser complètement certaines parties manquantes. Elle retrouve alors des heures de gloire.
 
Enfin, en 1902, l’Apocalypse est classée monument historique. Elle appartient à l’Etat depuis 1906.
 
En 1947, après quelques vagabondages hors de nos frontières, on souhaite la faire revenir au château d’Angers mais on se trouve face à la même difficulté qu’au XIVe siècle : il n’y a pas de salle suffisamment grande pour la présenter dans son intégralité !
L’architecte Vitry fait alors construire la grande galerie en « L » qui l’accueille encore aujourd’hui avec d’immenses fenêtres à meneaux pour laisser largement passer la lumière et bien l’éclairer…
mais les couleurs végétales utilisées (la gaude pour les jaunes, la garance pour les rouges et le pastel pour les bleus) ont une vie et, trop exposées à la lumière, elles ont passé.
 
La tapisserie a perdu environ 40% de ses couleurs !
Alors, en 1975, de grands rideaux sont posés pour l’abriter de la lumière avant que soit créée plus tard une boîte à l’intérieur de la galerie (une boîte dans la boîte) qui va la préserver.
La prochaine fois, nous commencerons la lecture de cette bande dessinée géante ; nous nous promènerons  dans l’ Apocalypse… car, comme le disait Claudel, « il ne s’agit pas de comprendre l’Apocalypse, mais de se promener dedans »…
endroit
envers
Louis XI et sa fille Anne s’en seraient volontiers emparé mais le testament de René est formel : il entend que l’Apocalypse soit remise à la cathédrale d’Angers.
 
Pendant 3 à 4 siècles, elle est traitée comme l’une des pièces les plus remarquables du trésor de la cathédrale. On l’expose dans le transept et la nef pour les grandes occasions : Pâques, la Toussaint,  la Pentecôte, Noël… ou pour des manifestations exceptionnelles comme la venue d’un roi ou l’intronisation d’un évêque.
Plus surprenant encore, la tapisserie se révèle être une tapisserie « sans envers ». Les fils de trame n’ont pas été arrêtés par des noeuds ou des reprises de teinte mais rentrés dans la chaîne de telle sorte que les deux faces soient semblables. Le dessin est alors aussi lisible d’un côté que de l’autre.
 
Dès que je pourrai, dans mes illustrations, je choisirai des photos de l’envers, mais remaniées en « miroir » pour ne pas troubler le mouvement des dessins… Mais vous devinerez par vous-même s’il s’agit de l’envers ou de l’endroit…
Voyez dessous la différence…  
Quand le pape quitte Avignon, les deux premières tentures sont achevées (d’après les registres de comptes de Louis d’Anjou).
 
Dans ces tentures, les fonds alternatifs rouges et bleus des scènes sont uniformes, sans fioritures, comme il se doit pour un pontife.
Cette dernière la laisse à l’aîné de ses fils survivants, René d'Anjou, et les précautions prises pour la maintenir en bon état et assurer sa sauvegarde montrent le prix qu’on y attache ; elle est restaurée régulièrement chaque année.
 
En 1458, pendant la restauration du château d’Angers, elle est déposée avec quelques autres objets de prix dans une maison de la ville.
 
En 1981, la salle du château est fermée pour rénovation.
 
On en profite pour dédoubler, nettoyer et photographier en détail la tapisserie dans le cadre de l’inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France.
 
On découvre alors l’envers de la tapisserie et oh ! Merveille !  L’envers révèle des couleurs éclatantes qui contrastent fortement avec les tons pastels fanés de l’endroit : des verts lumineux, des bleus, des rouges profonds, des oranges et des jaunes vifs qui ont pratiquement disparu sur l’endroit à cause de la lumière…
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