# # Robots.txt file for http://www.capucine11.com # Generated by www.iseom.com - see website for more SEO tools User-agent: * 70 - Histoire de la tenture - 1ère partie (texte) - Histoires en Pays de Loire
 
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70 - Histoire de la tenture (1ère partie)
Et si le pape Grégoire XI avait accepté de Louis d'Anjou la tenture comme cadeau... ?
L’Apocalypse : un message d’espoir en pleine guerre de cent ans ?
Un « média » à destination du peuple et des chevaliers avons-nous dit dans le dernier article. Est-ce bien sûr ?
 
La tapisserie de l’Apocalypse était-elle vraiment faite pour être vue par tout le monde… ou par une personne en particulier ?
 
Une autre question se pose : pourquoi Louis 1er d’Anjou a-t-il voulu une tapisserie de cette dimension alors qu’aucune pièce de son château d’Angers n’était suffisamment grande pour l’exposer ? Tout de même pas pour la ranger dans des armoires… !
 
En choisissant le thème de l'apocalypse, nous avons suggéré dans l’article précédent qu’il voulait peut-être remonter le moral de ses contemporains… Peut-être, mais pas sûr !
Ça ne lui ressemble pas ! Lui-même n’a pas hésité à s’en aller pour satisfaire ses ambitions personnelles en Italie.
René Planchenault (inspecteur général des Monuments historiques, un des meilleurs connaisseurs  de la tenture) qui a une autre idée sur la question, évoque Louis 1er en ces termes :
 
" Que le duc d'Anjou ait fait choix d'un tel sujet étonne quelque peu de la part de ce personnage que l'histoire dépeint comme plutôt brutal, réaliste, pas toujours scrupuleux. "
 
Oui ! Un tel choix étonne !
Louis 1er d'Anjou
N’oublions pas que notre duc est le frère aîné du roi de France, Charles V, qu’il participe grandement à la reconquête du royaume et à la politique du roi. Un geste politique serait sans doute plus vraisemblable.
Voyons en deux mots la situation générale et politique :
 
La France est en guerre contre l’Angleterre, nous le savons, mais c’est aussi l’époque  des papes en Avignon. Le pape vit chez nous !
 
Forte du succès des Croisades, l' Eglise a tenté d'imposer en Occident une théocratie en soumettant les rois à sa volonté. Mais les temps changent. Les templiers n'ont pas pu empêcher la perte de la Terre Sainte. Les papes se heurtent alors au pouvoir croissant des souverains des grands royaumes d'Occident : le Saint Empire romain germanique, la France et l'Angleterre. Pendant le 13ème siècle, une lutte sans merci entre guelfes (partisans du pape) et gibelins (partisans de l'empereur germanique) déchire la péninsule italienne morcelée. Le chaos politique est tel que le pape, craignant pour sa sécurité, réside rarement à Rome.
Puis Philippe le Bel, après s’être lui-même fortement opposé à Boniface VIII, parvient à faire élire un pape Français, l’archevêque de Bordeaux qui prend le nom de Clément V.
Ce dernier est couronné à Lyon et ne rentre pas à Rome, en proie à des troubles récurrents.
Il s’installe, provisoirement pense-t-il, en Avignon où il bénéficie de la protection  et  du soutien  du  roi de France   ( première puissance de l’époque…
eh oui !). De son côté, le roi de France trouve un intérêt certain à avoir un pape à portée de main. C’était en 1305.
 
Puis arrive la guerre de 100 ans…
 
Le pape n'est plus en sécurité dans la cité provençale et le roi de France, Jean le bon, prisonnier des anglais, est incapable d'y remédier. En Italie cependant la situation semble apaisée.
Le pape Urbain V parvient à débarrasser la Provence des Grandes Compagnies en les envoyant se battre en Espagne, mais doit acquitter à leur chef Bertrand du Guesclin une somme considérable. La situation en France est bien instable et en septembre 1366, il décide de revenir à Rome, au grand regret des français et des avignonnais.
Mais la joie du retour dure peu de temps. Les cardinaux français et italiens se déchirent, l'insécurité se propage. Urbain V, isolé dans Rome, décide finalement de retourner en Avignon en septembre 1370 où il meurt en décembre.
 
Son courageux retour à Rome est avorté mais dès lors, le retour du souverain pontife dans la ville éternelle menace.
De fait, le pape suivant, Grégoire XI, n'entend pas rester en Avignon et veut réussir là où Urbain V a échoué, en rétablissant la papauté à Rome.
 
Mais Charles V et Louis d’Anjou pensent que réunir  dans la même ville de Rome la capitale de l'Empire et celle de la Chrétienté reviendrait à soumettre la papauté à l'autorité de l' Empire, obliger le pape à obéir à l'empereur…
On  veut  convaincre  avec  un  chef  d’œuvre  sur  un  thème  biblique  :
« l’apocalypse » de saint Jean, qui délivrera par la même occasion un message au pape : il faut se méfier de Rome, de l'Empereur de Rome qui partout veut imposer la loi romaine. Ce qui valait pour le temps de saint Jean vaut aussi pour le temps de Grégoire XI.
 
Nous avons vu dans l’article précédent des allusions à la guerre de cent ans et aux Anglais, que la tapisserie nous montre dans le camp de Satan, mais les allusions à Rome, ville « impie » ou « Grande Babylone » (dans l’apocalypse, Babylone est la ville de tous les vices) ne manquent pas non plus :  
La version « angevine » de l'Apocalypse de Jean met l'accent sur le danger que représente Rome et sur la nécessité de construire, d'établir, loin de la « Grande Prostituée », une nouvelle capitale papale (Avignon).
 
Donnons pour exemple la scène de « Babylone, la Grande Prostituée » : symbole de toutes les abominations.
Une jolie femme qui coiffe sa chevelure, symbole de prostitution au Moyen Age, est représentée assise sur une colline arrosée par 4 rivières :
 
« Ces eaux-là sont des peuples, des foules, des nations, des langues »
Elle se regarde dans un miroir mais le reflet que celui-ci lui renvoie est celui d’un visage très laid (image de son âme).
 
« Sur son front était écrit un nom, un mystère : Babylone la grande, la mère des impudiques et des abominations de la terre. Et je vis cette femme ivre du sang des saints et du sang des témoins de Jésus… »
 
« Et la femme que tu as vue, c'est la grande ville qui a la royauté sur les rois de la terre. »  (Rome)
La femme chevauche une bête à sept têtes et dix cornes (sbire de Satan).
"Les sept têtes sont sept montagnes," allusion aux sept collines de Rome…
L’Apocalypse ne sera pas tendue aux murs du Palais des Papes en Avignon et pourtant, là-bas au moins, l’ensemble de la tenture avait sa place, dans trois lieux possibles : la salle des festins, la salle du consistoire et la Grande Chapelle avec sa nef unique.
salle du consistoire
salle des festins
Grande Chapelle
cliquez à droite pour un accompagnement musical
Mais l'entreprise de séduction tourne court : Grégoire XI quitte Avignon le 13 Septembre 1376 et entre solennellement à Rome le 17 Janvier 1377.
Puis la chute de Babylone (ou de Rome) est annoncée…
et la France y perdrait bien sûr son influence !
 
Voilà la situation politique à laquelle Charles V et le duc d’Anjou doivent faire face : il faut absolument empêcher le départ du pape, il faut convaincre Grégoire XI de rester en Avignon…
 
Il faut combattre le parti pro-Rome, car, en face, les adversaires s'activent depuis longtemps. Aussi est-il grand temps de les contrer… Mais comment ? Peut-être avec un cadeau… digne d’un pontife.
 
Quel présent ferait le plus plaisir à un pape ?
 
—  de l' argent ? L' Eglise est riche, elle lève des impôts
—  des titres ? Grégoire XI est déjà pape
— une œuvre d'art peut-être ? Alors, ce doit être la plus belle, la plus     grande, du jamais vu !
La tenture dans la galerie du château d'Angers
Image fiction : quelle allure elle aurait eu dans le palais des papes... !
Oui, elle y aurait eu sa place sans aucun problème...
 
Que vont en faire maintenant Charles V et Louis d’Anjou ?
C’est ce que nous verrons la prochaine fois…
La Rome du temps de saint Jean devient ici la Rome des papes et des empereurs.
 
Il faut sortir de Rome, fuir et s’établir en une nouvelle cité (Avignon bien sûr)
ou plutôt : « ne retournez pas à Rome… ! ».
 
Comment ne pas y voir ce genre de message qui colle si parfaitement à la situation et à la tentation de Grégoire XI ?
 
Cadeau grandiose… mais pas si innocent !
La tenture doit plaire, séduire, convaincre par la magnificence de ses dimensions, de son esthétisme, de son message : L'Apocalypse " et, ce qui importe encore plus, elle a été conçue pour être un chef-d'œuvre.
 
L'impression que doit ressentir le pape à la vue de la tenture entière et de chaque scène contemplée doit prouver que les intentions royales françaises sont « fraternelles », sans arrière-pensées (hum !). La France n'est-elle pas " la fille aînée " de l' Eglise, son défenseur le plus sûr, depuis le baptême de Clovis ! Loin de Rome et de son atmosphère de guérilla, hors d'une Italie dont les Etats sont en continuelle guerre, la papauté ne peut vivre en paix qu’en Avignon.
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